Rares sont les voix qui s’élèvent, par delà les haut murs des prisons, pour témoigner des conditions de vie, de travail, de prise en charge sanitaire et sociale, du quotidien des personnes détenues.

A l’air libre donne la parole à quelques uns de ceux qui n’ont pas pour habitude de la prendre, et questionne par la même occasion le spectateur sur la place que la société accorde à l’expression de ceux d’entre nous qui sont passés par la case prison : une parole le plus souvent socialement disqualifiée. Une parole de « détenus » qui est d’autant plus écoutée qu’elle est délivrée dans un environnement « neutre », loin des murs et des barreaux des prisons qui provoque souvent sa mise à distance, son inaudibilité.

Site internet du film : http://alairlibre-lefilm.com

L’organisme porteur du projet

 

Kinosphere production (ass. loi 1901)

 

Personnes concernées

La ferme de Moyembrie, structure unique en France et lieu de tournage de ce documentaire, permet en effet aux personnes qu’elle accueille – des personnes détenues en fin de peine, accueillis sous le régime du placement extérieur – de se tourner vers l’avenir, de rêver, d’espérer « changer de peau », de rebondir, de tourner la page, de penser à ce qu’ils vont faire de la liberté qu’ils touchent enfin du doigt, dans un cadre protégé… Cette liberté, que signifie-telle pour les résidents ? Comment en parle t-on à Moyembrie ? Ce sont des projets que l’on souhaite réaliser, une vie de famille qu’on souhaite retrouver,… Mais cette liberté est aussi synonyme de peur(s) : celle de retrouver les siens alors que le temps a passé, de ne pas arriver à se réinsérer, de retomber… Pourquoi va t-on à la ferme de Moyembrie ? Pour sortir de prison certes. Mais aussi par peur de sortir de prison. La peur des « sortie sèches », de « se retrouver seul avec ses sacs posés sur le trottoir devant la prison » nous explique Philippe, lui qui revenait souvent dormir à la ferme après avoir purgé sa peine alors qu’il pouvait rentrer chez lui retrouver sa femme. La peur d’affronter la vie à l’extérieur. A la peur de sortir de prison succède celle de partir la ferme de Moyembrie qu’il faudra pourtant un jour nécessairement quitter. Alors il faut construire un projet.

Le documentaire permet de s’interroger sur ce que ces anciens détenus ont à dire dans ce moment de leur vie ou l’avant, le présent, et l’après se combinent, se heurtent, s’entrechoquent et se mélangent. Comment revient-on à la liberté après en avoir été privé et que signifie être libre ? Comment appréhende-t-on le temps, l’avenir, l’amour ou la relation aux autres après avoir passé plusieurs mois ou plusieurs années derrière des murs ? Quel sens prend le mot réinsertion pour les personnes les plus directement concernées ? Est-il possible reconstruire après avoir vécu l’épreuve de l’enfermement et de la vie carcérale ? Peut-on échapper aux raisons qui nous ont conduit en prison ? Peut-on refaire sa vie ? Quelques une des questions vers lesquelles nous entraînent les « détenus » de Moyembrie.

En ce sens, A l’air libre est assurément un film sur la sortie de prison. Mais c’est aussi un film sur la prison. Une prison que l’on ne voit pas mais qui est pourtant omniprésente. Une prison dont on ne cesse de mesurer les traces et dont il paraît si difficile de se libérer.

 

Moyens mis en œuvre

Pour réaliser ce projet, les moyens mis en œuvre ont été et sont de plusieurs ordres.

En premier lieu, durant la phase préparatoire du projet, les deux réalisateurs ont consacré une part importante de leur temps pour échanger avec les résidents, encadrants et bénévoles de la ferme de Moyembrie sur ce projet. Un projet qui n’aurait pu voir le jour sans leur participation active.

La première phase de réalisation du projet, à savoir le tournage du documentaire, a mobilisé les porteurs de projets pendant plusieurs semaines. Une première phase au cours duquel ils ont également consacré des moyens financiers importants. Pour ce qui est du montage, le temps consacré et l’argent investi sont également des moyens importants mis en œuvre par les porteurs du projet pour que celui-ci se réalise.

En ce qui concerne la deuxième grande étape du projet, à savoir la diffusion du documentaire, la réalisation d’un site internet dédié au film, progressivement alimenté par des extraits et bande-annonce du film, a été réalisé. Le site diffuse les dates et lieux de projections et rend également possible la commande en ligne du DVD support du documentaire. Ce site est utilement relayé sur les réseaux sociaux. Une affiche du film, un visuel pour le DVD et sa jaquette ainsi que la création d’un environnement et d’une ambiance graphique spécifique pour le site internet et les différents outils de communication, permettant au film d’avoir une identité visuelle forte et propre, a également été créé.

Deux avant-premières du film ont été réalisé : l’une à Saint-Gobain, conviviale et chaleureuse, avec l’ensemble des personnages du documentaire et tous ceux et celles qui auront permis, localement, que soit rendu possible ce projet ; une deuxième « première » à Paris, au Forum des images, dans le cadre d’une soirée organisée pour les 20 ans de l’Observatoire international des prisons (OIP).

Le film est aujourd’hui proposé en sélection dans une trentaine de festivals spécialisés sur les thématiques « droits de l’homme » et « justice » mais également au réseau d’associations susceptibles d’être intéressées par le sujet du film (Génépi, Secours catholique, association nationale des visiteurs de prison, Emmaüs, Cimade, OIP, …), les invitant à organiser des soirées-débats partout en France.

 

Calendrier

  • octobre 2013 – mars 2014 : écriture, préparation et repérage du film
  • avril 2014 – décembre 2014 : tournage des images du documentaire
  • avril 2015 – mai 2016 : montage du documentaire, mixage et étalonnage
  • avril 2016 : sortie du documentaire
  • mai 2016 – décembre 2017 : organisation des projections-débats

 

Parmi les soutiens financiers du projet

Secours catholique

Emmaüs France

Association Georges Hourdin

Fondation Un monde par tous

Scam (« Brouillon d’un rêve »)

 

Contact

Kinosphere production – kinosprod.asso@gmail.com